Apprenez à diversifier vos compétences pour rendre votre profil intéressant


Poursuivre votre formation initiale, dès l’entrée dans l’enseignement, est plus que conseillé : en effet, si vous êtes entré dans le métier de professeur faute d’avoir pu trouver autre chose, vous serez un jour ou l’autre amené à réfléchir à une évolution de carrière, en mobilité interne (concours), ou externe (création d’entreprise, recherche d’emploi dans le privé).

 

Aussi, pour demeurer opérationnel sur d’autres fonctions que celles de professeur, il est important de conjuguer les compétences acquises lors de vos projets pédagogiques et celles développées lors de stages de formation continue, qu’ils soient réalisés ou non dans le cadre des plans de formation académique.

Lorsque survient l’idée d’une reconversion, d'après nos observations depuis 15 ans à l'accueil de plus de 18.000 professeurs à ce jour, le professeur qui a su anticiper en enrichissant sa formation initiale gagne 12 à 36 mois sur le professeur qui a attendu d’être fatigué de son métier pour y songer.

 

Cette durée est capitale pour ceux qui découvrent après 15 à 20 ans d’exercice que ce métier ne leur plaît plus, alors qu’il devient difficile, après 45 ans, de se reconvertir en dehors de l’EN. C’est sans doute la raison pour laquelle l’EN a fixé à 20 ans le cap permettant de bénéficier d’un 2e entretien de carrière après celui prévu après 2 années d’ancienneté : très peu d’enseignants, après 45-50 ans, ont le courage, l’énergie ou la motivation de se reconvertir, puisqu’à leur âge, il devient difficile d’être recruté en détachement voire de réussir un concours interne, et très aléatoire de démissionner pour aller travailler dans le privé comme salarié. Ceux qui démissionnent ou demandent une indemnité de rupture conventionnelle après 45 ans ont un projet solide, après s'être formés.

 

Lorsque l’enseignant a réalisé 15 à 20 ans d’ancienneté comme titulaire, il lui reste à travailler 21.5 à 26.5 années selon les modalités de la loi sur les retraites de 2010, s’il souhaite bénéficier d’une pension à taux plein. Or, dans le privé, le montant de celle-ci est calculé en référence du salaire moyen des 25 meilleures années. Il est donc risqué, pour un enseignant, de démissionner après 20 ans de carrière, car toute période de chômage consécutive à son départ pourra être fort préjudiciable lors du calcul final de sa pension liée aux années cotisées dans le privé. 

 

Poursuivre sa formation,  c’est aussi entretenir sa motivation, donc son enthousiasme, et sa créativité, sur son lieu de travail. La motivation est l’un des paramètres les plus importants dans le cadre d’une reconversion. Elle permet de positiver, et d’assurer à l’individu l’endurance dont il a besoin lorsqu’il décide d’un changement de parcours professionnel.

 

La formation personnelle ne passe pas nécessairement par la formation continue, souvent coûteuse. Pour demeurer adaptable, il existe bien d’autres moyens accessibles pour diversifier ses compétences.

 

Pensez à réaliser des projets pédagogiques en équipe


Dès sa première année d’exercice le professeur peut s’impliquer s’il le souhaite dans les projets pédagogiques de ses collègues, ou en piloter lui-même. Dans la réalité, peu saisissent cette occasion en raison du temps de travail à consacrer les premières années à la conception de leurs cours, selon le nombre de niveaux où ils sont conduits à enseigner. Ce nombre est important pour les enseignants non titulaires de leur poste qui doivent remplacer des professeurs en congé de maladie de plus ou moins longue durée. Cette charge de travail dès les premières années contribue à en détourner plus d’un du métier d’enseignant, et à engager des reconversions professionnelles prématurées.

 

Une minorité des enseignants considère que leur métier se limite à réaliser leur nombre d’heures de cours statutaires devant élèves. Ceux là se retrouvent en difficulté lorsqu’il s’agit de se reconvertir, sauf s’ils ont développé d’autres compétences sur leurs temps personnels.

 

Les enseignants dynamiques et créatifs s’investissent bien au-delà d’un temps hebdomadaire de « 35 h » dans leur métier, car les projets pédagogiques qu’ils entreprennent avec leur classe exigent beaucoup de préparation, et, lorsqu’il s’agit de réaliser une sortie ou un voyage scolaire, leur investissement personnel est encore plus important. Alors que des parents d’élèves n’hésitent toujours pas à souhaiter « bonnes vacances » aux enseignants qui partent en voyage scolaire avec l’une de leurs classes, ils ne s’aperçoivent pas que les professeurs devront développer une attention de tous les instants, du lever au coucher de leurs enfants, puisqu’ils en auront la responsabilité pleine et entière, qu’ils soient ou non mineurs. S’investir dans des activités pédagogiques de grande ampleur, c’est aussi développer un sens aigu de la logistique et de la gestion de l’imprévu, répondant ainsi à l’un des savoir-faire du professeur : sa capacité à s’adapter rapidement à des situations imprévues parfois difficiles, en prenant les mesures qui s’imposent. Cette compétence est souvent ignorée des organismes vers lesquels s’oriente l’enseignant désireux de se reconvertir, alors qu’elle est essentielle.

 

S’investir dans des projets pédagogiques, qu’il s’agisse de sorties scolaires ponctuelles, de séjours pédagogiques de quelques jours à quelques semaines (au maximum), permet à chaque professeur de développer des compétences diversifiées :

- Pilotage, programmation, pour les concepteurs du projet ;

- Travail en équipe pluridisciplinaire sur des thématiques parfois transversales ;

- Gestion d’un budget, selon la taille et la durée du projet ;

- Réalisation de partenariats (élus, entreprises, professionnels indépendants), permettant de développer des capacités de négociation ;

- Conception d’activités variées, mise en œuvre d’apprentissages selon différentes formes de pédagogie avec les élèves ;

- Apprentissage de nouveaux outils en lien avec les Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement (TICE), en développant des dispositifs innovants et mobilisateurs ;

- Organisation de voyages, en France ou à l’étranger, en développant un sens aigu des responsabilités, en particulier en matière de sécurisation des personnes et des biens ;

- Perfectionnement dans une langue étrangère (dans le cadre des jumelages) ;

- Réalisation d’expositions, d’ouvrages collectifs, permettant de développer des savoir-faire et des savoir-être peu utilisés dans le cadre restreint de la classe ;

- Mise en œuvre de démarches administratives, permettant de se familiariser avec les procédures en vigueur utilisées par les chefs d’établissement ou les inspecteurs, constituant ainsi un avant-goût de ces fonctions ;

- Identification des éventuelles situations conflictuelles dans une équipe, permettant d’aborder les principes d’une bonne Gestion des Ressources Humaines (GRH) pour ceux tentés par ce type de reconversion.

 

Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustive, tellement les projets que peuvent réaliser les enseignants durant toute leur carrière sont variés, et liés à leur capacité à mobiliser les énergies, et à leur degré de créativité et d’initiative.

 

Plus de 75% des professeurs qui nous contactent ont participé au moins une fois dans leur carrière à un projet pédagogique. Ceux qui se sont désintéressés de cette forme d’apprentissage manquent d’assurance et de confiance en eux, et doutent de leurs compétences, puisqu’en dehors du fait d’enseigner, ils se sont peu familiarisés avec d’autres savoir-faire et savoir-être utiles dans d’autres professions. 

 

Ceux qui ont pratiqué des projets pédagogiques peuvent se répartir en trois catégories :

- Les professeurs qui ont contribué à un seul projet et perdent rapidement la notion des compétences qu’ils ont pu développer à cette occasion ;

 

- Les professeurs qui ont réalisé plusieurs projets mais toujours de même nature (jumelages, sorties scolaires toujours vers la même destination d’année en année) ne voient pas quel intérêt représentent les compétences développées ;

 

- Les professeurs qui réalisent chaque année un projet, toujours différent, avec des collègues de disciplines variées, sont les plus conscients des compétences qu’ils possèdent pourront valoriser dans d’autres contextes professionnels.

 

Réaliser des projets pédagogiques, c’est gagner en compétences, qui pourraient être validées à travers une procédure de Validation des Acquis Professionnels (VAP), dans l’objectif d’une reconversion. Pourtant, notre pratique du pré-bilan de carrière et du Bilan Professionnel Approfondi montre que non seulement plus de 65% des enseignants ne savent pas nommer leurs compétencesalors qu’ils sont censés les évaluer pour leurs élèves dans le cadre des items du socle de compétences- .

 

Il est regrettable que l’investissement dont font preuve de nombreux enseignants dans leurs projets pédagogiques ne soit pas pris en compte par leur inspecteur dans le cadre de l’évaluation de leur travail, au lieu de se limiter à l’évaluation d’une séquence de cours. Cet oubli général est dévalorisant, et affecte souvent des enseignants investis, dont la progression d’un échelon à l’autre peut être équivalente  à celle de collègues qui n’ont jamais réalisé de projets pédagogiques. Nous avons bon espoir que cela change, les conclusions du Grenelle par Jean-Michel BLANQUER nous le laissent espérer.

 

Dans le cadre de l’établissement d’une GRH de proximité par le chef d’établissement, comme cela était prévu dans le cadre du dispositif Écoles, Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite (ECLAIR) par le Ministre Luc Chatel, Rémi BOYER avait préconisé lors de sa rencontre avec la DGRH de l’EN Josette THEOPHILE, le 20 avril 2010, la création, pour chaque professeur, dès le début de sa carrière, d’un « portefeuille de compétences », qui contiendrait au fil de sa carrière la copie:

- des attestations de ses diplômes initiaux,

- de ses tentatives et réussites aux différents concours préparés,

- des attestations des stages de formation continue réalisés, en lien ou non avec sa discipline,

- des certifications et autres diplômes qu’il souhaite porter à la connaissance de la personne consultant son dossier,

- de ses éventuelles publications, dans le cadre de travaux réalisés à l’extérieur en droits d’auteurs, si elles ont permis de le valoriser dans sa discipline d’enseignement,

- des attestations sur sa manière de servir, signées par ses chefs d’établissements successifs,

- des rapports d’activité réalisés chaque année pour rendre compte de son activité pédagogique au sein de l’établissement (projets réalisés et leur production, sorties et voyages scolaires, etc.),

- des ateliers d’activités péri-éducatives mis en œuvre dans l’établissement.

 

Ainsi, au lieu de centrer l’évaluation de l’inspecteur sur la seule capacité à tenir sa classe et son programme dans les temps, les professeurs les plus dynamiques auraient-ils de réelles chances d’être valorisés dans leur investissement, au lieu d’être trop souvent frustrés d’avoir donné tant de temps pour si peu de reconnaissance.

 

Le Bulletin Officiel de l’Education Nationale (BOEN) n°13 du 31 mars 2011 a défini les conditions de mise en œuvre de ce portefeuille de compétences. Cela montre une nouvelle fois que les idées publiées depuis 2006 à travers le dispositif d’Aide aux Profs et dans le Café Pédagogique ont fait leur chemin…

 

Le portefeuille de compétences sera un outil essentiel pour le professeur car :

- il offrira à chacun une meilleure analyse de ses compétences professionnelles, pour gagner en confiance dans sa pratique ;

 

- il facilitera les chances de promotion professionnelle, dès lors que l’évaluation du portefeuille se substituera à la notation actuelle de l’inspecteur;

 

- il lui permettra de mieux évaluer le socle de compétences développé par ses élèves dans le cadre de la réforme éponyme ;

 

- il favorisera sa mobilité professionnelle, en lui permettant d’auto-analyser ses compétences transférables, n’ayant plus besoin alors de recourir à un bilan de compétences de manière systématique ;

 

- il lui fera prendre conscience de l’importance de se former tout au long de sa carrière et de s’investir dans des projets pédagogiques professionnalisants.

 


Investissez-vous dans la vie scolaire de votre établissement (école, collège, lycée)

Le professeur a tout à gagner à consacrer une partie de son temps à s’intéresser à la vie scolaire de son établissement, car son activité professionnelle ne saurait s’arrêter à l’entrée ou à la sortie de ses heures de classe.

 

Les professeurs des établissements de l’enseignement privé sous contrat sont nettement plus associés aux différents aspects de la vie scolaire de leur établissement que les enseignants du public d'après nos constatations sur les 18.000 contacts que nous avons eus individuellement à ce jour. Les établissements du privé sous contrat sont gérés comme dans les entreprises, développant un esprit de corps, mobilisé sur la réussite des élèves et leurs taux de succès aux différents examens. 

 

S’investir dans la vie scolaire, ce peut être :

- Devenir l’un des élus de l’équipe pédagogique au conseil d’administration, afin de s’impliquer dans les décisions qui influent sur la vie de l’établissement scolaire ;

 

- Veiller à la sécurisation des espaces de l’établissement lors de ses déplacements internes (surveillance discrète par chaque enseignant des éventuels incidents dans les couloirs entre élèves, et intervention immédiate de sa part s’il constate que le règlement intérieur n’a pas été respecté. Dans une minorité de cas, des enseignants ne s’estiment toujours pas concernés par leur coresponsabilité dans l’application des règles de discipline dans l’établissement, et ferment les yeux sur les incivilités des élèves, considérant que c’est là « le travail des surveillants ») ;

 

- Contribuer à la maintenance du parc informatique de l’établissement, et former les collègues qui le souhaitent pour assurer éventuellement le relais ;

 

- Proposer ses services à l’équipe administrative dont la charge de travail est souvent conséquente. Cependant, il est encore très courant qu’un enseignant s’impliquant trop à ce niveau soit considéré par ses collègues comme « ayant changé de camp », alors que les équipes administrative et pédagogique devraient, en bonne intelligence, s’entraider, travailler ensemble, en se faisant confiance, pour la sécurité et le bien-être au travail de tous ;

 

- Etre à l’écoute des attentes et des besoins des élèves et de leurs parents, en n’hésitant pas à y consacrer tout le temps nécessaire. Créer des groupes de parole constitués des professeurs principaux et de représentants de parents pour dénouer les tensions ponctuelles ou durables entre certains parents d’élèves et certains enseignants apporterait une meilleure gestion des conflits dans chaque établissement. L’investissement des professeurs des écoles et des professeurs de collège est souvent bien plus important à ce niveau que celui des professeurs de lycée, où bon nombre d’élèves sont déjà majeurs ;

 

- Proposer ses services pour l’animation de séquences d’information sur l’orientation, lorsque l’on en possède les compétences. Cela peut se réaliser aussi à travers un projet pédagogique comportant des rencontres avec des entrepreneurs, ou l’élaboration d’un carrefour des métiers internes à l’établissement.

 


Réalisez des activités péri-éducatives

Toute activité distincte de la gestion de classe a son intérêt pour enrichir votre professionnalisation. L’autonomie et le degré de liberté d’un professeur sur son lieu de travail sont suffisamment importants pour lui permettre d’investir son énergie et de développer de nouvelles compétences.

 

Les activités péri-éducatives dépendent de l’initiative des professeurs et leur diversité est fonction du niveau d’enseignement : 

- Les ateliers théâtre (école, collège, lycée) ;

- Les ateliers de travaux manuels et arts plastiques (école, collège) ;

- Les ateliers de jeux de société (école, collège) ;

- Les ateliers d’écriture (école, collège, lycée) ;

- Les ateliers audiovisuels (collège, lycée) ;

- Les ateliers de chorale (école, collège, lycée) ;

- Les activités sportives (école, collège, lycée) ;

- Les ateliers naturalistes en fonction de l’environnement géographique (école, collège, lycée) ;

- Les ateliers scientifiques (école, collège, lycée) ;

- Les ateliers de jardinage (école, collège) ;

- Les ateliers d’élevage de petits animaux (école, collège) ;

Cette liste n’est pas exhaustive.

 

S’investir dans des ateliers, c’est apprendre à connaître les savoir-faire et savoir-être de ses élèves dans d’autres contextes.

 

Les activités péri-éducatives permettent aussi au professeur de mieux connaître sa capacité à s’investir, à apprécier son environnement de travail, mais aussi de mieux cerner sa productivité au travail, en fonction du nombre d’ateliers dont il a l’initiative ou la responsabilité. Les enseignants passionnés par leur métier sont souvent acteurs de plusieurs ateliers dans leur établissement.

 

Proposez vos compétences à votre hiérarchie


Rien n’empêche un enseignant s’estimant compétent dans un domaine quelconque, où il identifie un besoin, de proposer ses services à sa hiérarchie pour :

- Concevoir et animer des formations ;

- Apporter une expertise dans une activité spécifique ;

- Contribuer à un projet académique ;

- devenir webmaster d’un site disciplinaire ;

- renforcer le pôle de compétences disciplinaire piloté par un inspecteur.

 

 

De nombreux professeurs partis une ou plusieurs années en détachement pourraient valoriser les compétences qu’ils y ont développées, mais pour l'instant l’institution les ignore complètement, puisqu'il n'existe pas dans chaque académie un Service d'Optimisation des Compétences des Professeurs. C'est une "MPES" pour professeurs, que nous préconisons.

 

Valorisez vos compétences au quotidien


Valoriser vos compétences au quotidien, c’est prendre conscience de vos savoirs, savoir-faire et savoir-être développés et enrichis sur votre lieu de travail. Chaque activité au sein de l’établissement peut être source de nouvelles capacités et compétences, et il est important d’auto-évaluer vos pratiques, afin d’entrer dans une démarche d’auto-analyse de vos propres compétences, en imaginant dans quels contextes elles pourraient être transférables.

 

Valoriser vos compétences, c’est aussi en accepter la comparaison avec celles de vos collègues, dans l’objectif de vous nourrir de ces échanges et de gagner en savoir-faire et en savoir-être, en acceptant de vous remettre en question chaque fois que nécessaire.

 

AIDE AUX PROFS vous offre donc la possibilité, gratuitement en ligne, d'auto-évaluer vos compétences transférables pour vous permettre de progresser dans ce domaine, sans vous engager pour l'instant dans la dépense importante, pas toujours finançable par votre CPF, que peut constituer un bilan de compétences classique. Libre à vous ensuite d'investir dans ce type de bilan.

 

JE VEUX REALISER MON AUTO-BILAN DE MES 20 COMPETENCES TRANSFERABLES DE PROFESSEUR